Côté matos , j'avais emmené 2 ensembles , une casting Med Heavy avec un shimano bantam curado  et un ensemble spinning , canne shimano beast master spinning XH de 2,70 m, équipé d'un twin power 5000 garni de  tresse power pro 32/100 ème.

Avec mon ensemble casting , j'étais à la rue totale , canne pas assez puissante , impossible de brider les poissons, la cata !

Finalement, l'ensemble spinning était bien adapté de par sa puissance ( 50-100 g) et m'a permis de lancer tout type de leurre du chug bug (26 g ) au yo-zuri surface bull ( 100g ), par contre son seul défaut, la canne, un peu trop longue pour la pêche en bateau.

Pour l'aïmara en Guyane, à mon avis le top serait d'emmener 2 ensembles , un canne  casting  big bait puissante (50-100G)  et un moulin costaud , REVO TORO HS (high speed) ou curado DHSV (high speed), pour la pêche des bordures en bateau. Par contre , je pense que pour la pêche des sauts , une spinning XH de 2, 70 m, offre un bras de levier plus important, un avantage non négligeable pour combattre les beaux fishs dans le courant et les rochers.

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Bien sûr, il faut aussi prévoir tout le petit matériel de pêche, mais là encore , il ne faut pas lésiner sur la qualité et la résistance du matos. Les fishs sont puissants et les rochers sont très abrasifs , pour les bas de ligne , oubliez le fluoro , ici c'est crinnelle gainée plastique (genre sea fighter cannelle ), résistance 50 à 60 lbs, agraffes irréprochables genre decoy egg snap (60-80 Lbs) . Ne surtout pas oublier la pince à sleeves !

Nous touchons presque à la fin de notre périple , il nous reste 3 jours pour rejoindre la mise à l'eau au dégrad de petit saut. Nous quittons avec regret notre spot de rêve sur le haut Sinnamary ! Les journées ont été intenses et nous avons pris beaucoup d'aïmaras.

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Nous descendons tranquillement le fleuve en pêchant les bordures ! Là encore, pas mal de poissons pris ! Nos piroguiers hallucinent et commencent à croire sérieusement à nos techniques modernes !

En Guyane la pêche traditionnelle de l'aïmara consiste à taper fortement l'eau à l'aide d'une canne rudimentaire (un morceau de bois court mais solide) , une corde , un gros hameçon esché avec un bout de poisson.Et croyez moi ça marche ! Sinon , on peut aussi poser des trappes la nuit , un poisson mort ou vivant fixé à une branche sur la rive. Les trés gros aïmaras de 20 kilos et plus, se prennent très rarement aux leurres mais plutôt à l'aide de gros vifs ! Apparemment , on trouve les plus gros aïmaras sur le bas Sinnamary voir carrément dans le lac de petit saut, par contre plus on monte haut sur le fleuve , plus la densité de poissons est importante.

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Nous nous arrêtons pour pêcher les sauts et Yannick ne résiste pas à l'envie de tester notre matériel et nos leurres .

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Malheureusement , il ne prendra pas de fish , malgré quelques attaques  ,dur pour un novice de maitriser ses réflexes afin de décaler le ferrage et ne pas sortir le leurre de la gueule du poisson .

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Dans les sauts , la pêche est vraiment ludique , tous les postes doivent être pêchés méthodiquement ! Chaque rocher , caillou, petite cuvette peut abriter un beau poisson ! Les combats dans le courant sont vraiment tops , c'est du sport ! Il ne faut pas hésiter à sortir les poppers xxl ,  ( comme le surface bull 200, l'iguela, le cx orion ) pour faire un maximum de bruit et de turbulences au milieu du bouillon ! Parfois , il suffit de taper fortement la surface avec le leurre juste sous la canne pour faire réagir un poisson.

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Nous nous posons pour un soir à saut deux roros ou nous croisons une pirogue ,à bord , un indien et 2 brésiliens. Nous n'avons plus de tabac depuis la veille et ils nous dépannent d'un paquet , cool, nous partageons notre repas avec eux.

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C'est le dernier soir du périple, nous avons rejoint saut Takari Kante et il nous reste deux heures de pêche avant le retour à la civilisation.

Sous le saut, dans un des bras annexe du fleuve , je prend une grosse attaque sur mon big popper orion qui limite m'arrache la canne des mains ,ça a l'air beaucoup plus gros  , je tiens le big fish du séjour .

J'essaie de le brider pour ne pas qu'il rejoigne les bois morts, mon frein couine, quelques secondes de combat et gros mou dans la ligne, je viens de décrocher la bête , dégouté , je ramène mon popper pour m'appercevoir qu'il me manque un triple st 66 et l' anneau brisé a disparu,  ouvert par la puissance et la violence  du fish ! anneau de 80 LBS de résistance quand même , hallucinant ! J'ai merdé , frein trop serré ! Mon twin power a souffert , l'axe de la manivelle est tordu et il fait maintenant un bruit plus que suspect .

Après, 11 jours passés en forêt, nous traversons le lac de barrage , retour à la mise à l'eau de petit saut, fin de notre expédition aïmara sur le Sinamary ! Un seul mot pour définir notre trip :  génial ! Nous avons pris notre pied sur ce spot mythique !

Un petit bilan s'impose ! La forêt amazonienne est un milieu plutôt accueillant , on est loin de l'enfer vert , décrit par certains  ! Il est possible  d'évoluer assez facilement dans les sous bois puisque la canopée empêche la végétation de trop se développer au sol ! Bien sûr , il faut rester très prudent lorsque l'on s'écarte du fleuve , tout se ressemble et il est facile de se perdre  ! Pour ce qui est des insectes et de la faune , nous n'avons pas fait de mauvaises rencontres , mais comme partout l'humain fait peur et la probabilité de croiser , un jaguar ou un anaconda mal intentionné est quasi nul !  En Novembre nous étions en plein milieu de la saison sèche ( août à décembre) en Guyane , la période idéale pour venir ici , même si de petites averses tropicales ont ponctuées notre séjour. Globalement , nous avons eu beaucoup de soleil ! Pas une seule piqûre de moustique durant 12 jours en forêt !  Par contre , il est vrai qu'on s'est fait pas mal piqué en Ville à Cayenne et Matoury. Le seul désagrément que nous avons rencontré en forêt ce sont les fourmis , il en existe de toutes les tailles et bizarrement les plus petites sont souvent les plus agressives. Il suffit donc de les éviter et au pire les morsures ne sont pas bien méchantes.

Pour les amoureux de la nature , la forêt est un paradis pour les autres , il faudra prendre sur soi ou bien s'abstenir ! Si vous êtes prêt à partager votre logement avec une migale pas de soucis !

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Ce spécimen avait élu domicile dans un des poteaux de notre carbet !

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Camouflage feuille pour cet insecte !

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Mimétisme impressionnant pour cette grenouille qui passe inaperçu sur le sol forestier !

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Une créature un peu plus étranges !

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Pour les passionnés d'aquariophilie et de poissons amazoniens comme Mathieu et moi, la guyane offre une richesse halieutique exceptionnelle , pendant notre voyage nous avons croisé une multitude de poissons, de petits cichlidés....comme le rare apistogramma Gossei . Mais là , il y aurait de quoi écrire un roman !

Si l'aïmara sur le Sinamary , vous branche, vous pouvez contacter Patrick Fresquet "atmosphère d'amazonie" qui  propose des formules guidage intéressante . Voici son nouveau lien :

http://www.peche-cevennes.com/Admin_parent/Guyane/safari%202009.html

Si vous voulez partir à l'aventure comme nous l'avons fait, sachez quand même qu'il n'est pas évident de monter une telle expédition depuis la métropole .De notre côté , le fait d'avoir notre famille sur place nous a permis de bien préparer notre trip. Je pense qu'il est indispensable de partir avec des gens du cru qui connaissent parfaitement la forêt et ses secrets , de bons piroguiers qui vous permettrons de passer les sauts et de naviguer en sécurité. Spéciale dédicace à mon cousin Yannick qui nous a accompagné ! Un gars excellent, merci à toi !

Partir seul ne vous coutera pas forcément moins cher que de faire appel à un guide de pêche et avec lui vous aurez la possibilité de pêcher sans vous soucier du reste , bouffe ......etc !

Derniers conseils , prévoyez un gros sac étanche pour vos affaires ainsi qu' une bonne paire de chaussures d'eau ou de sandales solides ,  pour évoluer sans soucis dans le fleuve et éviter de finir avec les pieds moisis !

Un petit dernier pour la route !

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Nous retournerons en Guyane et la prochaine fois, pourquoi ne pas monter sur le haut Maroni à la recherche des Tucunarés ( Peacock bass) comme ce beau spécimen coloré, capturé par mon cousin Arnaud aux environs de Maripasoula !

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Si le sujet vous a intéressé , allez visionner des extraits du film réalisé par Bébert (nokill) sur l'aïmara dans la rubrique Vidéo du blog . AMAZONIA FISH part 1 & 2

@+

Nico